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Saint-Gratien
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Lettre ASGVO - Avril 2019

djNotre association poursuit ses activités et travaille à de nouveaux projets. Vous en trouverez ici les grandes lignes...

Association loi de 1901

e-mail: asgvo@wanadoo.fr

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StGratien 03

Bannière visible dans l'église de Saint-Gratien (Somme)

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Reliquaire contenant le crâne de Saint-Gratien (église de Saint-Gratien, dans la Somme)

Selon l'hagiographie du diocèse d'Amiens (document en accès restreint - réservé aux personnes enregistrées), c'est uniquement par la tradition que nous savons que Gratien fut berger, ou du moins qu'il en remplit les fonctions. Né à Rome, au IIIème siècle, la légende en fait un sénateur. Converti au catholicisme, il quitte sa famille et ses biens pour évangéliser la Gaule alors occupée par ses compatriotes. Il se fixe dans un petit village de la Somme, près d'Amiens. Pour s'intégrer à la population afin de mieux lui faire partager sa foi, il se fait berger. A l'époque des persécutions, un chef romain : Rictovaire, le martyrise pour qu'il renie sa foi. Devant son refus, on lui tranche la tête en l'an 303. Son corps est enterré au village.
La légende raconte qu'après son exécution, on planta sa houlette de coudrier sur sa tombe. En une nuit, elle prit racine donnant des feuilles et des fruits de la couleur du sang. D'après la tradition, ce miracle se reproduisait chaque nuit du 23 octobre, jour supposé de sa mort. Une autre version indique que Gratien ficha lui-même en terre son bâton qui, après avoir fait jaillir une source, donna du feuillage et des noisettes. S'étant fait une écorchure à la main, il se servit d'une feuille comme pansement et teinta ainsi l'arbuste.
Plus de 300 ans plus tard, en 628, Gratien est déclaré Saint par le roi Dagobert. Dans la Somme, le lieu où il vécut et fut martyrisé prit le nom de Saint-Gratien. On y garda longtemps ses reliques.
Au XIe siècle, Roger de Blois, évêque de Beauvais et fils du comte de Blois et de Chartres, possédait par héritage les terres de Coulombs près de Chartres. Il décide de relever de ses ruines le monastère qui occupe les lieux. Voulant enrichir le nouveau sanctuaire de reliques vénérées, il obtient de l'évêque d'Amiens la translation des reliques de Saint Gratien de la Somme vers le monastère Notre-Dame de Coulombs. Le voyage a lieu en 1015. L'itinéraire suivi semble avoir été le suivant:

  • Saint-Gratien (Somme),
  • Saint Just,
  • Clermont,
  • Creil,
  • Luzarches,
  • Ecouen,
  • Saint-Gratien Gailleville,
  • Argenteuil,
  • Versailles,
  • Rambouillet,
  • Chartres,
  • Coulombs.

Au sein de la Seigneurie de Montmorency, le passage des reliques marque fortement l'esprit des habitants du petit village de Gailleville. Ils décident de désigner leur cure du nom du martyr. On raconte qu'un bras du Saint resta dans la commune.

700 ans plus tard, en 1770, alors que le corps était toujours à Coulombs, sa tête fut rapportée dans la Somme.

A la révolution la chasse d'argent fut transportée à Paris. Elle fut sauvée par un employé de la Monnaie et revint à l'Archevêché après la tourmente. En 1830, au sac de l'Archevêché, les précieuses reliques furent jetées dans la Seine. En 1890 le curé de Saint-Gratien (Val d'Oise) transmit à l'Évêché d'Amiens, par l'intermédiaire de l'Évêque de Versailles, une demande pour obtenir un morceau de la relique. Celle-ci parvint à notre paroisse, le 10 novembre 1890.


StGratien 02

Reliquaire contenant un petit morceau du crâne de Saint-Gratien (église de Saint-Gratien dans le Val d'Oise)

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Catinat 02

 

Catinat 03

 

Catinat 04

 Dans le Perche, au XIVe siècle, la famille de Catinat, noblesse de robe, assume les principales charges de la magistrature. Pierre II de Catinat est, comme son père, conseiller au Parlement de Paris. Le 8 janvier 1621, il épouse Catherine-Françoise Poisle, fille de Jacques Poisle, seigneur de Saint-Gratien. Ils auront seize enfants.

Nicolas de Catinat, le onzième d'entre eux, naît à Paris le 1er septembre 1637. Il porte d'abord le titre de seigneur de la Fauconnerie, du nom d'une terre que sa famille possède vers Mortagne-au-Perche (Orne). Il commence une carrière d'avocat mais est découragé par la perte d'une cause qu'il croyait juste. Il quitte le barreau en 1660 et entre dans l'armée avec le grade de cornette (sous-lieutenant) au régiment de Monsieur de Fourille.

En 1667, lors de la guerre de Dévolution, il participe aux sièges de Tournai, Douai et Lille. Louis XIV remarque sa bravoure et lui fait donner une lieutenance dans la compagnie de Cauvisson, au régiment des Gardes Françaises. A Lille, son frère aîné est mortellement blessé sur le champ de bataille ; Nicolas devient seigneur de Saint-Gratien. La paix signée à Aix-la-Chapelle, il revient à Paris. Peu enclin aux mondanités, il partage son temps entre son château de Saint-Gratien et l'Hôtel de Vitry, rue des Minimes à Paris. Sous les ordres de Turenne, Catinat, capitaine aux hardes, se distingue en 1672 durant la guerre de Hollande. Il est blessé en 1673 au siège de Maestricht. A peine remis sur pieds, il prend part à la campagne de Franche-Comté.
Catinat s'illustre aux prises de Besançon et de Dôle. Il est de nouveau blessé à Séneffe. Six mois plus tard, en janvier 1675, il est aux côtés de Turenne lorsqu'il remporte la victoire de Turckheim. Au rythme des combats, son ascension continue. Il revient en France alors que Louis XIV est sur le point de révoquer l'Édit de Nantes (1685). Le roi se décide à combattre la Ligue d'Augsbourg et déclenche une nouvelle guerre qui durera de 1688 à 1697. Nicolas de Catinat s'y illustre tout au long de ces années. Ne donnant, semble t'il, ses ordres qu'après les avoir murement réfléchis, on le surnome le Père la pensée. Les mémorialistes de l'époque insistent sur sa droiture. N'acceptant pas le pillage on dit même qu'il savait se faire apprécier des populations occupées alors que des commentaires acerbes circulaient dans son entourage.
Après ses succès à Staffarde, la prise de Montmélian fait de Louis XIV le maître de la Savoie. Catinat reçoit le bâton de Maréchal de France sur la frontière d'Italie. Il se fait aussi de nouveaux ennemis parmi les nobles de haute lignée qui le jalousent. En 1693, il est nommé commandant de l'armée d'Italie. Il rencontre l'ennemi à Marsaglia (La Marsaille) au Piémont. L'armée française est victorieuse mais exsangue et épuisée. Quittant l'Italie, Catinat est mis à la tête d'une des armées du roi en Flandres et fait une fois de plus bien des envieux. Il évite bon nombre de pillages et de massacres. Sa réputation de bonté et de justice s'étend partout en Europe. En 1697, alors que la paix de Ryswick met fin au conflit, voilà qu'apparaissent les prémices de la guerre de succession d'Espagne. En 1701, Catinat reprend le commandement de l'armée d'Italie mais ne peut agir comme il le souhaite. Ses lettres au roi sont interceptées par Madame de Maintenon.
Catinat ordonne la retraite de Carpi. Quelques généraux et courtisans forment une cabale contre lui. En septembre, il doit, à son corps défendant, retourner au combat à Chiari. C'est une nouvelle défaite: le Milanais est perdu pour la France. Catinat quitte l'armée d'Italie et veut aller expliquer son attitude au roi. Louis XIV refuse de le recevoir en audience particulière. En disgrâce, il rentre à Saint-Gratien. En 1702, Madame de Maintenon reconnaît ses erreurs et les relations entre Catinat et le roi s'éclaircissent. Le Maréchal est nommé à la tête de l'armée d'Alsace et envoyé dans la province pour dégager Landau assiégée par les Impériaux. Avec trop peu de troupes, il échoue et refuse de forcer le passage du Rhin. Relégué gouverneur de Strasbourg, il demande et obtient sa mise en congés. A 65 ans, il se retire définitivement à Saint-Gratien auprès de sa soeur et son frère.
Catinat y rédige ses mémoires, écrit à ses amis, et poursuit une importante correspondance avec Vauban. Il reçoit de nombreux invités de marque : Bossuet, Mme de Sévigné, Voltaire, Fénelon, Mme de Coulanges, le duc de la Rochefoucauld, le maréchal de Choiseul.

Dans son éloge du Maréchal Catinat, Antoine-Léonard Thomas le décrit parlant familièrement aux paysans, entrant dans les détails de leurs intérêts, apaisant leurs différents et encourageant leurs jeux. De son côté, Marc René Sahuguet d'Espagnac le montre entrant dans les chaumières, ouvrant les huches de pain et, si elles étaient vides, demande à son serviteur, Vincent, de les remplir.

Nicolas administre soigneusement ses terres et veille au bien-être des paysans qui les cultivent. Dans la cour de son château, sous un marronnier, il leur sert de conseiller et d'arbitre. Il offre des prix aux jeunes gens lors des fêtes du village. Ses goûts restent bucoliques. Il soigne lui-même ses arbres fruitiers et fait de longues promenades à pied dans les environs.

Loin de la cour, il refuse diverses distinctions. Lorsque Louis XIV sollicite son avis ; il indique toujours qu'il ne le donne qu'en tant que simple citoyen. La tradition veut qu'en 1710, un petit cèdre du Liban, rapporté par Jussieu, ait été offert à Catinat de la part de Louis XIV.

Sur le site de l'association Valmorency on retrouve des extraits d'un livre du Marquis de Créquy (1737-1801) : Vie de Nicolas de Catinat (1774). On y apprend qu'à la fin de sa vie, le maréchal passait à Saint-Gratien la plus grande partie de son temps à réfléchir. Cet état lui était si agréable, qu'il se promenait toujours seul et que chacun évitait avec soin de le rencontrer et de le troubler dans ses réflexions. « Nous ne passions pas un jour sans le voir, écrivait madame de Coulanges, je le trouve seul au bout d'une de nos allées ; il y est sans épée. Il semble qu'il ne croit pas en avoir jamais porté ». Cette simplicité produisit encore une méprise singulière, dont le souvenir s'est conservé, même jusqu'aujourd'hui, parmi les paysans de Saint-Gratien. Un jeune bourgeois de Paris, passant auprès de Saint-Gratien, aperçut le maréchal et lui cria, sans ôter son chapeau : « Bonhomme, je ne fais à qui appartient cette terre et je n'ai point permission d'y chasser : cependant, je vais me la donner ». Le maréchal l'écouta chapeau bas, et continua sa promenade. Le jeune homme voyant rire des paysans, qui travaillaient dans la campagne, leur en demanda le sujet. Ces bonnes gens lui répondirent : « Nous rions de votre insolence, de parler ainsi à monseigneur. S'il avait dit un mot, nous vous aurions battu ». Le bourgeois confus courut après le maréchal, lui demanda pardon, et l'assura qu'il ne le connaissait pas : « Il n'est pas nécessaire, lui répondit-il, de connaître quelqu'un pour lui ôter son chapeau. Mais biffons cela et venez souper avec moi », ce que le jeune homme n'osa point accepter. »

Le maréchal s'éteint le 22 février 1712, entouré de sa famille et de son confesseur. Il est inhumé le 26 février dans l'ancienne église du village, dans la chapelle du côté gauche, dite de Saint Jacques. Plus tard, sa petite nièce Marie Renée Catinat, décédée le 19 novembre 1779 à l'age de 78 ans, sera couchée à coté de lui.

Lors de la révolution, en 1793, les cercueils sont ouverts et retournés. Le plomb qui les entoure est emporté pour faire des balles et les ossements rejetés dans la fosse ouverte. La tradition populaire ajoute qu'un admirateur, par respect pour le grand homme, plaçe le squelette dans une encoignure de la fosse, et lui fait prendre une attitude particulière en disposant ses bras en croix. On raconte aussi qu'un gamin de 13 ans, Jean François Denise, surnommé plus tard le père Tambour, assiste à la scène. Comme il s'avançe trop près, l'un des conventionnels, par malice, l'aurait alors fait tomber dans la fosse. En 1860, quand la vieille église est démolie, M. Terré, alors maire de la commune, connaissant l'histoire, fait pratiquer des fouilles. Aidé de trois témoins oculaires (dont le père Tambour), des ossements sont retrouvés. Le Docteur Martin, exerçant dans la commune, affirme qu'ils sont ceux de squelettes de sexe différents confirmant ainsi les dires des témoins de l'époque. Ces ossements sont ensuite placés, le 25 juin 1860, dans deux boites en plomb et déposés, dans la nouvelle église, à l'intérieur d'un sarcophage supportant la statue de Catinat que vient d'achever le Comte de Nieuwerkerke.


Catinat 06

Réalisé par le comte de Nieuwerkerke (1811-1892) à la demande de la princesse Mathilde le momument funéraire actuel est entouré de divers éléments de son premier tombeau.

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Portrait de la princesse Mathilde par Giuseppe Bezzuoli (Palais Fesch, musée des Beaux-Arts, Ajaccio).

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Tableau de Giraud, visible en mairie.

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Peinture de Henri-Lucien Doucet (1856-1895)

Laetitia-Mathilde-Frédérique-Aloïssia-Elisabeth Bonaparte est née à Trieste (Italie) le 20 mai 1820. Fille de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, et de Catherine de Wurtemberg, elle est nièce de Napoléon 1er et cousine germaine de Napoléon III. Très proche de ce dernier, Mathilde espère un temps se marier avec lui.

Le 6 août 1840, elle épouse le Prince russe Demidov de Santos. L'union est éphémère et les époux se séparent en 1846. La princesse s'installe alors à Paris où elle y avait rencontré un an plus tôt le comte Emilien de Nieuwerkerke et débuté avec lui une liaison qui durera de nombreuses années.
En décembre 1848, Louis-Napoléon est élu président de la République. Il est cilibataire. La princesse Mathilde devient de fait la première dame de l'Élysée. Son père est nommé gouverneur des Invalides.

Mathilde s'entoure d'artistes, donne des bals. En 1850, elle a l'intention d'acheter une propriété aux environs de Paris afin d'y passer ses étés. Elle connaît la vallée de Montmorency car sa tante, la reine Hortense, comtesse de Saint-Leu, lui en a déjà  souvent parlé. Elle même s'y est aussi arrêtée à plusieurs reprises lors de visites chez Mme de Reiset ou Mme de Courbonne.
La Princesse arrive définitivement à Saint Gratien en 1851. Elle loue l'ancien château du maréchlal de Catinat, puis achète le château neuf construit par le comte de Luçay. Pendant de nombreuses années, elle y reçoit les écrivains et  les artistes les plus célèbres de l'époque dont les Dumas père et fils, Prosper Mérimée, Sainte-Beuve et Georges Sand.
 Elle engage Théophile Gautier comme bibliothécaire afin de lui assurer une existence décente. Jules et Edmond de Goncourt viennent aussi souvent à Saint Gratien. De leurs séjours, ils ont laissé un journal riche en anecdotes et en descriptions. L'apogée des rencontres de Saint-Gratien se situe entre 1860 et 1870. Gustave Flaubert réserve à la princesse la primeur de l'Education sentimentale.

Les salons de Saint-Gratien accueillent aussi les compositeurs Rossini, Chopin, Gounod, le virtuose Kurtzman, les sculpteurs Carpeaux, Frémiets sans omettre les peintres Delacroix et Giraud. Ce dernier fait au pastel le portrait en pied de sa prestigieuse élève. Ce tableau est aujourd'hui visible dans le hall d'accueil de l'Hôtel de Ville. Le prince Napoléon, neveu de la Princesse, a fit don à la commune en février 1904, peu après la mort de celle-ci.
En 1869, Mathilde rompt avec le comte de Nieuwerkerke et se rapproche du peintre-émailleur Claudius Popelin (1825-1892). Le 4 septembre 1870, la République est proclamée ; la princesse s'exile en Belgique, et ne revient en France qu'en juin 1871. De 1880 à 1890 elle continue de s'entourer d'artistes et d'écrivains. Peu à peu une nouvelle génération prend la place de l'ancienne. On croise Guy de Maupassant, Victorien Sardou et François Coppée. 
En 1893, elle organise une exposition des oeuvres de Claudius Popelin, mort l'année précédente. Pierre Loti est l'un de ses derniers visiteurs en 1903. 

La princesse décéde le 4 janvier 1904 après s'être cassé le col du fémur. Elle est inhumée, selon ses souhaits, dans l'église de Saint-Gratien.

La princesse Mathilde a été très généreuse envers notre commune et ses habitants. Nous lui devons la construction de l'église actuelle, celle de l'ancienne école Jules Ferry ainsi que de l'éclairage public.

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Extrait: La princesse Mathilde souveraine sans couronne par Marise Querlin

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Portrait d'Adam-Philippe de Custine (1740-1793), général en chef de l'Armée du Rhin en 1792 (par Joseph-Désiré Court)

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Le marquis de Custine

Astolphe de Custine naît pendant la révolution française, le 18 mars 1790, au château familial de Niderviller (Lorraine). Issu d'une riche famille aristocratique, il est le petit fils du général Adam Philippe de Custine qui a commandé l'armée du Nord en 1793 et fut guillotiné par les Jacobins le 23 août 1793. Son père subira le même sort le 3 janvier 1794 pour complicité avec les Girondins. Sa mère Delphine, arrêtée elle aussi pendant la révolution, est libérée après 5 ans d'emprisonnement.

Astolphe est très tôt attiré par la littérature. Il est influencé par Chateaubriand. Sur l'insistance de sa mère, il se marie en 1821 avec Léontine de Saint-Simon Courtemer. Celle-ci meurt en 1823 alors que leur fils, Enguerrand, n'a que 13 mois. Il succombera 4 ans plus tard à la suite d'une méningite. Le destin s'acharne sur Astolphe; sa mère décède à son tour en 1827.

Désireux de changer le décor de sa vie, il vend le domaine familial de Fervaques (Calvados) en 1728 et ne garde que la chapelle de Saint-Aubin d'Auquainville dans laquelle est entérrée sa mère. Il achète une maison à Paris et une autre, moitié villa, moitié château, à la campagne, à Saint-Gratien.

Auteur de romans et de pièces de théâtre, son seul vrai succès littéraire est La Russie en 1839, écrit au retour de l'un de ses nombreux voyages. Il s'agit d'une réflexion lucide d'un aristocrate libéral et moraliste.

Personnage hors norme, il se tient à l'écart des milieux aristocratiques et mondains, préférant le monde des arts et des lettres. Homosexuel, il est le premier membre de la haute société française à vivre ouvertement avec un autre homme. Marié pendant une courte période, il maintient les apparences d'une vie de couple normale alors que son ami Edward Sainte-Barbe (1794-1858) loge déjà chez lui. A compter du décès de sa femme, ce dernier partagera la vie d'Astolphe pendant 35 ans, jusqu'à sa mort, avant d'hériter de sa fortune.

Entre 1832 et 1857, la réputation de mécène du marquis fait défiler chez lui le Tout-Paris artistique : peintres, musiciens et surtout écrivains. Après avoir fréquenté les réceptions fastueuses de l'hôtel de la rue de la Roche Foucault, Stendhal, Honoré de Balzac, Chopin, Georges Sand, Victor Hugo, Heine et Barbey d'Aurevilly le rejoignent maintenant lors de soirées plus intimes au château de Saint-Gratien.

Il décède le 25 septembre 1857 à Saint-Gratien. Il est ensuite entérré, auprès de sa mère, dans la chapelle de Saint-Aubin.

Alors que les habitants du village proclament à l'envi les vertus de Catinat, il n'en est pas de même pour le marquis et ses héritiers : Notre plume se refuse à décrire les moeurs de ces tristes personnages écrira M. Mignon, instituteur au XIXe siècle. A l'époque où l'instituteur écrit ces lignes, l'homosexualité est encore un sujet tabou. Elle explique peut-être le peu d'interet apporté au personnage au contrario du maréchal de Catinat et de la princesse Mathilde.


Custine 05

Extrait d'un plan de la commune de Saint-Gratien datant du XIXe siècle (source Bibliothèque Nationale de France). On y voit le canal creusé par Astolphe de Custine en décembre 1840. Le château dont on croyait avoir perdu l'emplacement exact semble très proche du centre du village de l'époque.

 

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Eugène Giraud (source photographique: Art Renewal Center)

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Le peintre graveur Pierre François Eugène Giraud nait à Paris le 9 août 1806. Avec son frère, Charles (1819-1892) ils sont les artistes attitrés de la princesse Mathilde et ses maîtres en peinture.

Vivant à une époque de fastes somptueux, Eugène Giraud fréquente Gros, Delacroix, Gérard, Ingres, Lucien Doucet, Claudius et Gustave Popelin, Hébert, tous de tempérament différent. En 1826, il reçoit le prix de Rome. Il est, avec Nieuwerkerke et Popelin, le grand ami de la Princesse Mathilde. Fréquentant ses salons par l'intermédiaire de Delacroix, il y rencontrera Chopin, Georges Sand et Jules Janin. Il connaît aussi le marquis de Custine.

La princesse Mathilde lui fait construire une chaumière avenue Mathilde. Il aime y recevoir ses nombreux amis. Alfred de Musset y passe plusieurs étés. En 1861, le peintre exécute un portrait de la princesse qui est visible au musée national du château de Compiègne.

Après la défaite de 1870, Eugène Giraud tombe malade mais retourne toujours à Saint Gratien. Il est meurt à Paris en 1881.

Un grand tableau représentant le portrait en pied de la princesse est visible dans le hall d'accueil de la Mairie de Saint Gratien. C'est le prince Napoléon, neveu de la Princesse, qui en fit don à la commune, en février 1904, peu après la mort de celle-ci.

Joachim Kuhn nous raconte l'histoire de ce pastel : La princesse avait manifesté le désir d'être peinte par Giraud comme la Pompadour l'avait été par Latour, c'est à dire au pastel, en pied et grandeur naturelle. Giraud affirma qu'on ne trouverait pas dans tout Paris une feuille de papier suffisamment grande. Elle s'adresse à Londres et un beau matin, arriva une feuille de deux mètres de haut sur un mètre et demi de large. Lorsqu'il allégua qu'on ne pourrait jamais se procurer de verre des dimensions du papier, elle fit venir un vitrier qui s'engagea à fournir la glace désirée, et quand il objecta qu'il n'était pas à l'aise pour travailler dans l'atelier de la Princesse, ajoutant que seule l'écurie était assez grande pour l'exécution de ce travail, mais qu'il ne pouvait guère peindre la princesse à l'écurie, Mathilde fit débarrasser ce bâtiment séance tenante ; elle le rendit habitable en y faisant apporter des sofas, des fauteuils, des livres et un piano à queue et dans ces conditions. Giraud fut bien forcé de se rendre.


Giraud 02

Portrait de la princesse Mathilde par Eugène Giraud (Musée national du château de Compiègne)